Enquête publique complémentaire sur l’approvisionnement en bois de la centrale de Provence
Contexte et déroulement de l’enquête
Une enquête publique interdépartementale inédite, portant sur l’étude d’impact prenant en compte les effets indirects de l’approvisionnement en bois de la Centrale de Provence exploitée par la société GAZELENERGIE Génération implantée sur les communes de Gardanne et Meyreuil dans le département des Bouches-du-Rhône, s’est déroulée du 5 mai 2025 au 6 juin 2025 inclus.
Son périmètre couvre 324 communes réparties sur 16 départements et 3 régions (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes).
Le département de la Drôme compte 9 communes ciblées : Alixan, Ancone, Bellegarde-en-Diois, Charens, Jonchères, Marches, Miscon, Rottier et Valence.
Toutes les observations sur le registre dématérialisé, étaient à faire en utilisant le lien suivant https://www.registre-numerique.fr/enquete-publique-centrale-de-provence
Avis de la Commission d’enquête : favorable, mais sous conditions
La Commission d’enquête a rendu un avis favorable au complément d’étude d’impact, assorti de 5 réserves et 4 recommandations. Ces mesures visent à encadrer strictement l’approvisionnement en bois et à limiter les impacts négatifs sur les forêts et les communautés locales.
Pour rappel Seules les résèrves non appliquées sont une clause d’arrêt d’exploitation.
Renforcer le comité de suivi : inclure des associations environnementales, des usagers de la forêt (randonneurs, cavaliers) et organiser des réunions annuelles de bilan par région et pour l’ensemble des trois régions (PACA, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes).
Transparence sur les approvisionnements : La mesure A2 impose désormais une synthèse annuelle des approvisionnements par région, avec une diffusion publique du bilan et des échanges entre les cellules biomasse régionales.
Audits renforcés des exploitants forestiers : Tous les exploitants doivent être audités sur un cycle de 2 ans, et les nouveaux exploitants dès la première année. Les rapports d’audit pourront déclencher des actions correctives.
Exploitation des sites Natura 2000 : Controversée, cette réserve lève l’exclusion des sites Natura 2000, sous condition de compléter les fiches-chantier et les bilans spécifiques pour ces zones.
Plafonds de prélèvement forestier : Les plafonds annuels sont fixés à :
Le plan d’approvisionnement doit être révisé tous les 3 ans en concertation avec les cellules biomasse régionales et le GIS Biomasse.
Les 4 recommandations
Structurer la filière bois : GazelEnergie doit accompagner les propriétaires forestiers pour améliorer la rentabilité et la durabilité de l’exploitation.
Respect des chartes des Parcs Naturels Régionaux (PNR) : Intégration des dispositions des chartes des PNR dans les fiches de chantier et le code des bonnes pratiques.
Annexes complémentaires : Ajout du plan du parc du Mont Ventoux et des rapports INRAE (2018 et 2024) sur les impacts de l’exploitation forestière.
Valorisation de la chaleur fatale : Développement de projets pour utiliser la chaleur produite sur le site de Meyreuil et Gardanne.
Préoccupation supplémentaire
La Commission invite les autorités à réfléchir à l’entretien des chemins ruraux, dégradés par le passage des engins d’exploitation, dont la charge revient aux communes.
Selon les associations et nos observations, les conclusions sont très insuffisantes
Aucune réserve sur le changement climatique : Malgré les canicules et les feux de forêt de l’été 2025, la commission n’a formulé aucune réserve sur ce sujet, se limitant à des mentions dans le rapport.
Impact carbone ignoré : La centrale émettra 234 kg de CO₂ par MWh, contre 30 kg pour le photovoltaïque et 10 kg pour l’éolien. Pourtant, ce point n’a pas été jugé assez grave pour justifier une réserve.
Recul sur la protection des zones Natura 2000 : La commission a formulé une réserve pour lever l’exclusion des zones Natura 2000, reprenant la position de la DRAAF, ce qui est perçu comme une menace pour la biodiversité.
Recommandations floues : La recommandation n°4 sur la valorisation de la chaleur fatale ouvre la voie à des projets industriels sur le site, sans garantie pour les riverains ni pour la dépollution du site.
Manque de prise en compte des observations citoyennes : Aucune des observations des associations n’a été reprise dans les réserves ou recommandations.
Impact environnemental : Le projet reste scandaleux au regard de son coût écologique (forêts, CO₂) et de son faible rendement énergétique.
Coût sociétal : 800 millions d’euros sur 8 ans, pour un projet dont les bénéfices environnementaux sont contestés.
Impacts socio-économiques : La dégradation des chemins ruraux et la charge financière pour les communes soulèvent des questions sur l’équité du projet.
En revanche, les conclusions sont très décevantes sur le fond, après 13 ans de procédure. Nous pensions que les réserves formulées seraient plus fortes, notamment concernant le changement climatique et l’impact carbone du projet.
Votre voix compte ! Les conclusions de cette enquête ne sont qu’une étape. Informez-vous, partagez cette page, et faites entendre vos préoccupations pour garantir que les réserves soient respectées et que les recommandations profitent aux territoires.
Pour aller plus loin
Enquête publique de Christian Marée
« Je m’oppose fermement à la mise en exploitation de cette centrale »